La récente attaque contre un navire de la société IB Fish 7 dans les eaux gabonaises met une fois de plus en lumière la vulnérabilité persistante du littoral national face à la piraterie. Neuf marins asiatiques ont été capturés — cinq Chinois et quatre Indonésiens — rappelant que la menace en mer n’est pas une simple alerte mais un danger concret pour le secteur halieutique.
Face à cette situation, le ministre de la Mer, Aimé Martial Massamba, a réuni en urgence son cabinet pour annoncer des mesures « fortes » : création d’une brigade mixte d’intervention rapide et durcissement des contrôles sur les navires de pêche industrielle et artisanale. Officiellement, ces initiatives visent à sécuriser les zones stratégiques et à protéger les ressources halieutiques.
Mais derrière ces annonces, la réalité du terrain reste préoccupante.
La question se pose : comment une attaque d’une telle ampleur a-t-elle pu se produire malgré les dispositifs existants et les formations antérieures du personnel de sécurité maritime ? La création d’une brigade mixte, si nécessaire, apparaît comme une réaction tardive face à des menaces connues depuis longtemps dans le golfe de Guinée.
De plus, les mesures de suivi des navires et d’identification des marins, bien qu’utiles, restent largement administratives et ne répondent pas directement aux risques d’agression en mer. La piraterie dans les eaux gabonaises n’est pas un phénomène nouveau. Pourtant, le ministère n’a jamais donné de visibilité claire sur les moyens réels alloués à la surveillance maritime, ni sur la coopération avec les pays voisins pour une réponse régionale coordonnée.
Cette attaque rappelle que la sécurité maritime ne se limite pas à des communiqués ou à des brigades à créer sur le papier. Elle nécessite des investissements concrets, des moyens opérationnels adaptés et une coordination régionale efficace. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, les eaux gabonaises resteront un terrain vulnérable pour les navires, industriels comme artisanaux, et pour l’économie bleue du pays.

