Alors que la CEDEAO s’apprête à franchir une étape majeure vers l’intégration régionale en libérant son espace aérien — supprimant toutes les taxes sur le transport aérien et réduisant de 25 % les redevances passagers et sécurité à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 — le Gabon suit une trajectoire inverse, risquant d’asphyxier son aviation civile et d’isoler le pays.
Dans l’espace CEDEAO, cette réforme vise à :
- Faire baisser le coût des billets ;
- Stimuler la mobilité intra-régionale ;
- Renforcer les compagnies aériennes locales.
Mais pendant que l’Ouest africain s’ouvre au progrès, le Gabon se distingue par le verrouillage de son ciel via des taxes et redevances élevées.
Un ciel gabonais verrouillé malgré les opportunités régionales
Selon des rapports régionaux, la CEMAC retient près de 179 millions de dollars appartenant aux compagnies aériennes, plaçant la zone parmi les pires au monde en matière de blocage de fonds aériens.
Pire encore, selon l’AFRAA, le Gabon se classe en tête des États africains où les taxes et redevances sur les vols internationaux sont les plus élevées : un passager quittant Libreville peut payer en moyenne 297,70 USD uniquement en frais et taxes, indépendamment du billet lui-même — un fardeau qui pèse lourdement sur la compétitivité du pays.
Conséquences économiques et risques stratégiques
- Dessertes aériennes réduites ;
- Billets plus chers pour les voyageurs nationaux et internationaux ;
- Compagnies aériennes qui peinent à survivre dans un marché fragilisé ;
- Connectivité internationale et régionale qui se détériore.
Cet environnement tarifaire risque d’enfoncer le secteur aérien gabonais dans une spirale de déclin, à un moment où l’Afrique progresse vers des cieux plus ouverts et intégrés.
Une question urgente : où est la régulation stratégique ?
La responsabilité de l’ANAC est remise en question. Un régulateur efficace doit non seulement percevoir des redevances, mais aussi :
- Alerter sur les effets pervers d’une fiscalité punitive ;
- Proposer des réformes structurelles pour préserver l’attractivité du pays ;
- Assurer un équilibre entre recettes fiscales et compétitivité.
Appel solennel aux autorités
Alors que la liberté de l’air est promue sur le continent, le Gabon ne peut se permettre de verrouiller son ciel. Il est urgent que les décideurs gabonais révisent leur stratégie aérienne pour éviter une décennie perdue pour le secteur aérien, au détriment du trafic, du tourisme, des affaires et de l’intégration régionale.

