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Conseil des ministres du 25 juin 2026 : « compétitivité logistique » et « souveraineté logistique », les deux expressions qui méritent toute notre attention

Julus AGAYAS

Le communiqué final du Conseil des ministres du 25 juin 2026 comporte plusieurs annonces importantes. Mais au-delà des mesures présentées, deux expressions ont particulièrement retenu notre attention : la compétitivité logistique et la souveraineté logistique du Gabon.

Employées dans le cadre du projet de loi portant création de la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNNII), elles ne relèvent pas d’un simple choix de vocabulaire. Elles traduisent une vision stratégique du rôle que la logistique est appelée à jouer dans le développement économique du pays.

Mais une question essentielle se pose désormais : comment ces deux ambitions seront-elles concrètement mises en œuvre ?

Le Gabon se dotera-t-il d’une véritable stratégie nationale de la logistique, assortie d’objectifs, d’indicateurs de performance et d’un calendrier de réalisation ? Une gouvernance spécifique sera-t-elle mise en place pour coordonner les politiques portuaires, ferroviaires, routières, fluviales, aéroportuaires et numériques ? Comment l’État entend-il associer les opérateurs privés, les investisseurs et les professionnels du secteur à cette transformation ?

Ces interrogations sont d’autant plus légitimes que plusieurs pays ont déjà fait de la logistique un levier majeur de leur développement économique.

Le Maroc en est l’un des exemples les plus aboutis. Depuis près de deux décennies, le Royaume a construit une stratégie nationale reposant sur la modernisation de ses infrastructures, le développement du complexe portuaire de Tanger Med, la création de zones logistiques, la digitalisation des procédures, le renforcement de la formation et une gouvernance dédiée au secteur. Cette politique a permis au pays d’améliorer sa compétitivité, d’attirer des investissements industriels et de s’imposer comme une plateforme logistique entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques.

Le Gabon possède lui aussi des atouts majeurs : une façade maritime stratégique sur le golfe de Guinée, des ports en développement, un réseau fluvial important, un potentiel ferroviaire, des projets miniers d’envergure et une position géographique favorable en Afrique centrale.

La compétitivité logistique renvoie à la capacité du Gabon à transporter ses marchandises plus rapidement, à moindre coût et avec une meilleure fiabilité. Elle suppose des infrastructures modernes, des procédures simplifiées, des ports performants, des corridors efficaces et une chaîne logistique capable de soutenir les ambitions industrielles et minières du pays.

La souveraineté logistique, quant à elle, va plus loin. Elle exprime la volonté pour le Gabon de renforcer sa maîtrise des infrastructures, des moyens de transport et des chaînes d’approvisionnement jugés stratégiques. Dans un contexte marqué par les tensions sur les chaînes logistiques mondiales, cette notion prend une importance particulière pour un pays dont une large partie de la croissance repose sur l’exportation de ses ressources naturelles.

Ces deux notions sont indissociables. Il ne peut y avoir de souveraineté sans une logistique performante, et la compétitivité ne peut être durable sans une capacité nationale à maîtriser les infrastructures et les flux stratégiques.

Au-delà de la création de la CNNII, c’est donc une orientation plus profonde qui semble se dessiner : faire de la logistique un levier majeur de la compétitivité économique et un instrument de souveraineté nationale.

Le défi est désormais de transformer cette ambition en une politique publique cohérente, portée sur le long terme et capable de mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique. Le communiqué du Conseil des ministres ouvre une perspective. Les prochaines décisions permettront de mesurer comment le Gabon entend donner un contenu concret à ces deux notions appelées à jouer un rôle croissant dans son développement économique.

Une question reste toutefois ouverte : le Gabon se dotera-t-il d’une véritable stratégie nationale de la compétitivité et de la souveraineté logistiques, avec une feuille de route claire, des investissements ciblés, une gouvernance dédiée et des objectifs mesurables, à l’image des pays qui ont fait de la logistique un moteur de leur développement économique ?

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