La pandémie de COVID-19 a entrainé des carences de fournitures essentielles notamment des équipements de protection individuelle des outils de diagnostiques et des produits médicaux.

Présentation de la sous-commission logistique du COPIL

Je suis responsable de la sous-commission logistique, ce qui veut dire de l’approvisionnement en équipements pour le personnel médical pour qu’il puisse travailler dans les conditions sanitaires adéquates et correctes. Mais aussi des produits d’hygiène d’assainissement et bien sur tout ce qui concerne les médicaments pour pouvoir prendre en charge les patients dans les conditions favorables.

Quelle est la procédure d’approvisionnement des structures sanitaires ?

Les structures sanitaires à la base ont leur propre approvisionnement en tout ce qui concerne les équipements de protection, produits d’hygiène et éventuellement tout ce qui est nécessaire pour la prise en charge des patients. Le COPIL lors de la pandémie a mis en place une sous-commission logistique pour venir en appui à ces structures. Sachant que c’est une pandémie mondiale pour éviter que toutes les structures se retrouvent en ruptures et que nous sommes un pays qui recevons essentiellement les gros produits médicaux de l’extérieur, nous avons mis en place cette commission qui vient vraiment en renfort des différentes structures sanitaires sur la place, qu’elles soient civiles, privées ou publiques.

Comment sont gérer les stocks ?

Les stocks sont gérés de manière parcimonieuse, on a un stock tampons qui se trouve au niveau de l’office national pharmaceutique qui se trouve au niveau d’Oloumi et ma commission a un stock opérationnel qui était au départ à la base au niveau de la chambre de commerce et qui a été délocalisé au niveau du stade de l’amitié vu qu’il y a l’ouverture en projet de l’hôpital de XX ( voir émission à 2Min30)

Alors comment vous travaillez au quotidien ?

Notre quotidien est simple, les structures émettent des besoins et nous essayons de satisfaire au maximum tous les besoins que peuvent exprimer les différentes structures sanitaires avec leurs spécialités et leurs spécificités.

Quelle est la fréquence d’approvisionnement des structures sanitaires sur toute l’étendue du territoire ?

Il y a des approvisionnements qui sont réguliers et donc d’emblée sans tenir compte des besoins que le monde médical a en tenant compte de nos stocks. Les restrictions et la pandémie qui a fait en sorte que l’approvisionnement est parfois délicat à l’international. Mais nous essayons de satisfaire aussi au mieux, auprès, les exigences et les besoins spécifiques. Par exemple si vous avez un centre d’hémodialyse, il ne sera pas approvisionné de la même façon qu’un site de confinement ou bien une structure comme le CHUL (Centre Hospitalier Universitaire de Libreville).

Alors vous gérez les stocks de toutes les provinces au départ de Libreville ?

Oui, au départ de Libreville on gère tout le Gabon.

Comment faite vous fasse à l’urgence de la pandémie ?

Alors, il y a deux situations, vous avez les dotations immédiates, par exemple la survenue du cas au niveau de Franceville, le COPIL a par l’intermédiaire de la sous-commission logistique à déployer ce qu’on appelle un SICOF donc un site de confinement avec un renfort en équipement de confection, en produits d’hygiène et en médicament, il y a toute une équipe qui est partie que ce soit les médecins, les hygiénistes, des infirmiers et des techniciens.

Et cela se passe dans toutes les provinces dès que les cas sont déclarés ?   

Dès qu’on a un foyer, surtout lorsque le foyer est important, on déploie la SICOF. Mais pour les autres provinces, dès le départ de la pandémie, il a été mis en place des stocks tampons pour pouvoir faire des préventions et la ça été des livraisons sur tout le territoire de manière ponctuelle pour que lorsqu’il y a un cas qui survient, il puisse être pris en charge dans les trois premiers jours.

Les retards dans l’approvisionnement, comment faites-vous pour les gérer ?

Les retards sont gérés premièrement par une anticipation. J’ai eu l’avantage dès que la pandémie a commencé on a identifié différents fournisseurs que se soit en produits d’hygiènes ou en équipement de protection ou encore aiguillons de laboratoire, avec lesquels on a travaillé pour que leurs approvisionnements soient anticipés et il y a eu des réserves de tous ces produits chez les fournisseurs. Cela a permis qu’au fort de la pandémie vers le mois d’avril la sous-commission logistique n’était pas en rupture et a pu vraiment être un soutien important pour toutes les structures sanitaires sur le Gabon entier.

Que pensez-vous de ce reportage ?

Ce reportage met en évidence le travail que font les structures sanitaires et sur sites. Mais il faut savoir qu’il y a un travail de la sous-commission logistique du COPIL en amont et il y a ce qu’on appelle une unité de production au niveau de notre sous-commission qui établit les kits de protections selon les types qui ont été référencé par l’OMS et qui met aussi en place les protocoles selon les directives du comité technique et du comité scientifique pour que quant le matériel arrive au niveau des hôpitaux il n’est pas à constituer les kits donc pour puisse travailler de manière direct.

Et quelle est la procédure de contrôle de mouvement de stock ? 

Au niveau de la sous-commission logistique, chaque item est tracé soit sur une forme papier et ensuite enregistré sur un logiciel pour pouvoir avoir un contrôle de stock de manière judicieuse. Quand on vous sert, vous remplissez une demande et il y a une copie qui est destiné au propriétaire et une copie qui reste au niveau de la sous-commission au cas ou il y aurait un contrôle ou un audit et puis avoir une traçabilité de tout ce qui a été servie et tout ce qui est entré.

Comment sont les demandes journalières ? 

Ça dépend des structures. Si vous prenez les structures de Libreville comme les gros SICOF ou comme l’hôpital d’AKANDA ou bien le CHUL, les approvisionnements sont hebdomadaires en tenant compte de leur flux et les flux ont augmenté au fur t à mesure du nombre de patient. Je vous donne un exemple, nous sommes passé d’une centaine d’équipement de protection par semaine à aujourd’hui à près de huit cent à neuf cent équipements de protection d’un seul type pour chaque structure sanitaire comme celle d’Akanda ou bien du CHUL. Mais Si vous prenez l’exemple de la NGOUNIE les responsables viennent sur site et quand ils sont à Libreville, nous faisons leur approvisionnement pour pouvoir travailler de manière correcte sur une quinzaine de jours.

Comment est organisé l’approvisionnement sur le Grand Libreville et quelles sont les structures sanitaires concernés ? 

Sur le grand Libreville nous servons toutes les structures publiques que ce soit militaire ou civile en tenant compte de l’effectif, du personnel. Il faut savoir que la priorité c’est de protéger le personnel médical pour pouvoir prendre en charge ces patients, en masques, en gel hydroalcoolique, en solution, en combinaison etc.

Cet approvisionnement est fait de manière hebdomadaire en tenant compte bien sur des délais d’acheminement et d’éventuelles ruptures et des stocks que nous avons. Ça c’est sur le grand Libreville et cela englobe aussi les centres de santé médicaux, les infirmeries militaires et les associations des structures sanitaires privées.

Et à l’intérieur du pays ?

A l’intérieur du pays, l’approvisionnement se fait au niveau des directions générale sanitaires avec la collaboration des gouverneurs de chaque province et la première dotation avait été faite de manière préventive donc on avait eu à utiliser l’ATR de la GR pour pouvoir distribuer tout le stock de produit et des équipements de protections au niveau des différentes provinces. Aujourd’hui on a aussi recours au transport terrestre, on utilise aussi le train donc tous les moyens de locomotion possible mis à notre disposition qui nous permet d’approvisionner les provinces. Et maintenant on approvisionne plus en fonction des besoins de chacun et de la population.

Est-ce que pour l’approvisionnement des provinces vous prenez de l’avance sur les commandes ?

On a prépositionné, mais c’est difficile de pouvoir prendre de l’avance puisque chaque province a une population différente et évolue différemment par rapport à la pandémie. Donc deux exemples types : quand il y a eu le premier cas au Cameroun, on a prépositionné d’emblée un certain nombre d’équipement au niveau de la frontière au nord au niveau d’Oyem. Alors que lorsqu’il y a eu un cas à Lambaréné on a préféré déployer une équipe complète ce que j’appelle un SICOV sur Lambaréné qui est venu en renfort des équipes médicales sur place.

Parlez-nous de la situation de stock de notre pays en termes de médicaments d’équipement de protection individuelle et des consommables dans le cadre de la riposte contre la COVID-19.

Au niveau de notre pays en termes d’équipement de protection de médicaments et des produits d’hygiène et d’assainissement. Premièrement nous ne sommes pas un producteur de ces produits à l’exception de quelques items tels que la javel ou le savon pour les mains donc tout vient de l’international. Avec la pandémie il y a eu par exemple des fermetures de frontières, des interdictions d’importation par rapport à certains pays. Donc le stock a été approvisionné par différentes voies. La principale voie a été l’appui de la présidence de la République, les dons de beaucoup de nos compatriotes, de société et de partenaires mais aussi le travail avec les sociétés qui vendent ces items sur le territoire avec une mise à disposition du budget par le gouvernement.

Donc, tous les dons que nous voyons arriver à Libreville sont gérer par votre commission ?

Oui. Les dons sont remis de manière officiel, les coordonnateurs techniques les réceptionnent et après la commission récupère le tout et on fait une gestion globale sur tout le territoire.

Alors docteur, on parle de la chaine d’approvisionnement, qu’est-ce que c’est ?

La chaine d’approvisionnement est une chaine qui va faire que le produit que le malade a besoin, va passer de la commission logistique qui l’a fait rentrer, vers l’hôpital qui est utilisateur, pour que l’hôpital le mette à la disposition du malade. 

Quelles sont les adaptations que le COPIL a envisagé pour prévenir la rupture des stocks ?

La première c’est l’anticipation. Nous avons anticipé, nous avons commandé à l’international des gros stocks et au niveau des fournisseurs locaux, nous sommes allés voir ce qu’ils avaient chez eux sur place. Et des réservations des produits, d’équipement de protection ont été faite au niveau local.

Pendant cette période de la pandémie, quelles sont les produits qui sont souvent en rupture ?

Les produits les plus en ruptures se sont les produits anesthésiques. Il faut savoir qu’en terme de réanimation et de prise en charge de soin intensif, c’est des produits très rare. Déjà normalement, nous avons des difficultés à les avoir, avec la venue de la COVID-19, ces produits cités sont encore plus difficiles à faire rentrer.

A quel moment sont approvisionnés les structures sanitaires ?

 Les structures sanitaires sont approvisionnées, ça dépend des horaires, il y a des structures sanitaires qu’on peut approvisionner dans la journée, mais il m’est arrivé de faire démarrer les véhicules vers 19H pour aller régler une urgence.

Peut-on aujourd’hui dire que l’approvisionnement de nos structures sanitaires en matériel et en médicaments de lutte contre la COVID-19 ne connaitra pas de rupture ?

On ne peut as dire que ça ne connaitra pas de rupture parce qu’il y a des ruptures pour certains items, et puis le mois suivant on compense et l’autre est en rupture. Exemple nous avons eu un problème d’approvisionnement en gant qui était une rupture mondiale et aujourd’hui les gants commencent à revenir alors que les surchaussures vont manquer. Donc se sont des petites ruptures qui sont adaptées au fur et à mesure que la commission travaille avec les équipes à l’international et au niveau national.

Votre mot de fin

Je dirai que la commission logistique s’attèle à essayer de pouvoir au besoin de chacun selon les stocks qui nous sont à disposition et que si nous tous, nous respectons les mesures barrières on pourra voir le pic descendre.

Source : émission infocovid du 01 juillet 2020, Groupe Gabon Télévision : Covid-19, quid de l’approvisionnement des structures sanitaires ?

Invitée : Médecin Colonel ELVIRE MBONGO KAMA, responsable de la sous-commission logistique

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