La décision du Conseil des ministres de mettre fin à l’Accord de partenariat de pêche durable avec l’Union européenne (UE) constitue un tournant stratégique pour le secteur halieutique gabonais. Au-delà des enjeux de souveraineté, cette décision soulève des défis logistiques, portuaires et industriels majeurs.
1. Redéfinition des flux halieutiques
- L’accord UE structurant une partie de la pêche industrielle, la fin du partenariat implique :
- Réorganisation des débarquements et transbordements,
- Réorientation des exportations vers de nouvelles destinations,
- Adaptation des schémas logistiques portuaires pour les opérateurs nationaux et régionaux.
- Cette transition constitue un test de flexibilité pour les ports gabonais, en particulier Owendo et Port-Gentil, qui devront gérer des flux potentiellement plus fragmentés ou concentrés selon la restructuration du secteur.
2. Pression sur les infrastructures de chaîne du froid
- Pour favoriser la transformation locale :
- Capacité de stockage frigorifique adaptée à l’augmentation de volumes traités localement,
- Installations de congélation fiables et énergétiquement sécurisées,
- Mise en place d’une traçabilité conforme aux standards internationaux pour garantir la qualité et l’exportabilité.
- Sans investissements ciblés, une partie de la valeur ajoutée pourrait continuer à s’échapper vers l’étranger, limitant l’impact économique positif de la fin de l’accord.
3. Impacts sur les opérations portuaires
- Les terminaux devront s’adapter aux nouvelles réalités :
- Escales modifiées et priorisation des navires nationaux,
- Adaptation des infrastructures aux besoins de transformation locale,
- Renforcement des contrôles sanitaires et des procédures de conformité.
- Le rôle des opérateurs gabonais et régionaux devient central pour assurer la fluidité et la compétitivité des opérations portuaires.
4. Souveraineté logistique et économique
- La fin de l’accord illustre que la souveraineté ne repose pas uniquement sur les ressources, mais aussi sur la maîtrise des flux, du stockage et de la distribution.
- Les succès futurs dépendront de la capacité à transformer cette décision politique en avantage économique concret, grâce à :
- Investissements logistiques ciblés,
- Modernisation portuaire,
- Renforcement de la chaîne du froid et de l’énergie,
- Gouvernance efficace des flux.
Conclusion
La fin de l’accord de pêche avec l’UE représente un test grandeur nature pour la logistique gabonaise. C’est une opportunité de renforcer :
- La transformation locale des produits de la mer,
- La compétitivité des ports,
- L’autonomie économique du pays, à condition que la modernisation des infrastructures et la gouvernance des flux soient rapidement mises en œuvre.

