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Influence et logistique : arrêtons les copinages, parlons stratégie

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Dans le secteur du transport et de la logistique, la communication ne peut pas être un exercice de convenance sociale. Pourtant, on observe une dérive préoccupante : des budgets mobilisés non pas sur la base d’objectifs clairs, mais sur des logiques d’affinité, de réseau ou de copinage. Or, la communication n’est pas un outil de popularité personnelle ; c’est un levier stratégique au service du positionnement, de la compétitivité, de la croissance du chiffre d’affaires et de l’amélioration des marges bénéficiaires. Aux directeurs marketing et responsables communication, une question simple doit servir de boussole : cette action contribue-t-elle réellement à nos performances commerciales et à notre rentabilité ?

La logistique n’est ni un produit lifestyle ni un divertissement digital. C’est un secteur structurant, technique et stratégique. Vos cibles ne sont pas des abonnés, mais des décideurs : industriels, investisseurs, chargeurs internationaux, institutions publiques, opérateurs miniers et énergétiques. Dans un pays comme le Gabon, où la performance logistique conditionne la compétitivité des filières mines, pétrole, gaz et infrastructures, se tromper de cible revient à affaiblir son propre positionnement. La visibilité n’a de valeur que si elle touche les bons interlocuteurs, ceux qui signent les contrats et structurent les partenariats.

À l’international, des groupes comme DHL, CMA CGM ou Maersk n’investissent pas “à tout-va” dans des partenariats d’influence généralistes. Leur communication est structurée autour d’un leadership d’opinion, d’analyses sectorielles, de contenus techniques et de prises de parole stratégiques. Ils parlent aux bons publics, dans les bons espaces, avec des messages alignés sur leurs objectifs de conquête, de fidélisation et d’expansion internationale. L’influence, chez eux, est pensée comme un outil qui soutient la croissance du chiffre d’affaires et la solidité des marges, pas comme un simple levier de visibilité.

Le risque, pour certaines entreprises locales, est double : diluer leurs budgets dans des actions sans retour mesurable et brouiller leur image auprès des décideurs. Multiplier les collaborations sans cohérence éditoriale, choisir des profils par proximité personnelle plutôt que par pertinence sectorielle, confondre popularité et crédibilité… tout cela peut donner l’illusion d’une présence médiatique, sans impact réel sur les appels d’offres, la signature de nouveaux contrats ou l’optimisation des marges bénéficiaires.

C’est pourquoi la stratégie doit primer sur la relation. Investir dans des espaces spécialisés, capables de parler supply chain, corridors logistiques, performance portuaire, digitalisation et enjeux réglementaires, est un choix rationnel. Un média sectoriel ne cherche pas la viralité, mais la pertinence et l’impact économique. Il s’adresse aux acteurs qui décident, financent et structurent l’écosystème. Pour les entreprises de transport et logistique, la véritable influence n’est pas celle qui fait du bruit ; c’est celle qui renforce l’autorité, soutient la croissance du chiffre d’affaires et contribue durablement à l’amélioration des marges.

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