C’était dans un article publié le 12 octobre 2016 sur Gabonreview que l’opinion publique nationale,  se demandait c’est quoi un ministre de la logistique ?

Le premier Ministre ISSOZE NGONDET ,lui, avait bien compris l’importance stratégique de la logistique dans le développement économique, social, environnemental du Gabon.

En effet, dans la composition de son gouvernement , en ces temps, on pouvait remarquer la création d’un Ministère des transports et de la logistique. C’était, rappelons le, la première fois depuis le premier gouvernement de mai 1957 qu’un tel département ministériel avait été créé au Gabon.

Ce qu’il faut savoir et garder à l’esprit, c’est qu’il existe encore de nombreux obstacles à la compétitivité du Gabon à l’échelle nationale, sous régionale et internationale freinant les investisseurs nationaux et internationaux: Les coûts, les retards de livraison, d’expédition, de dédouanement, la non qualité du service etc.

Pire encore, ces obstacles ont un impacts négatifs sur les prix de premières nécessité donc sur le panier de la ménagère gabonaise. «les coûts trop élevés du transport maritime, du camionnage, de l’acconage, de la manutention et du transit font en sorte que le prix du kilogramme de riz, aliment de base du Gabon, soit 3 à 5 fois plus élevé que dans le reste de la région. Et c’est le cas pour l’ensemble des biens de consommation.» avait déclaré un haut représenter d’une ONG au Gabon dénonçant la cherté de la vie au Gabon. Un observateur de la vie économique au Gabon expliquait que «pour un Kg de riz importé, la manutention représente 32% du coût, lorsque le camionnage entre en ligne compte à hauteur de 25%. Le transit, transport inclus, représente quant à lui en moyenne 20% du coût et les redevances portuaires 10%. Ainsi, si le Kg de riz coûte 700 francs CFA chez le boutiquier du coin, sachez que 500 francs CFA seront consacrés au remboursement des coûts d’importation de la marchandise.»

Par ailleurs, il est important de rappeler que le Gabon fait toujours partie des pays les moins avancés en matière de performance logistique, selon l’indice de performance logistique (IPL) élaboré par la Banque Mondiale. Contrairement à ses voisins (Cameroun, Congo, Tchad, Centre-Arique, Guinée-Equatoriale) qui sont en train de bien se démarquer pour capter les investissements nationaux et internationaux dans la sous région.

La désindustrialisation, l’efficacité insuffisante des ports maritimes malgré de notoires progrès récents, les rigidités administratives, la précarité des relations de sous-traitance dans la chaîne logistique sont notamment évoqués pour expliquer le recul relatif  du Gabon.

C’était sans doute pour rattraper ces retards et combler les gaps existants sur le plan social par l’optimisation des coûts de passage portuaire par exemple , que le Feu premier Ministre IZOZE NGONDET avait créé ce nouveau département ministériel.

Ce n’était donc pas pour faire ”chic” , il ne s’agissait pas d’un ministère ”bric et de broc” ou encore pour montrer une évolution lexicale. C’était pour que le Gouvernement du Gabon  prenne la logistique au sérieux et s’en sert comme un levier  de développement.

« Les principales agglomérations gabonaises connaissent des problèmes de pénurie qui peuvent être réglés par les solutions – en gestion de diverses fournitures – apporté par les spécialistes en logistique, (…) . Les méthodes pratiqués à l’échelle d’une entreprise – disposant d’un site industriel et d’une base-vie – peuvent l’être à l’échelle de la population pour faire disparaître les problèmes de pénurie et incidemment pour faire baisser le coût de la vie induit par la mauvaise gestion des flux de fournitures alimentaires ou non importé ou produit localement dans des centres de production éloignés des zones de distribution. La direction de la logistique peut prévoir la mise en place d’un réseau d’entrepôts depuis les centres de production où les zones portuaires jusque dans le zone les plus reculés des quartiers sous intégrés. La logistiques peut regler la question des méthodes et équipements de conservation des produits vivriers et frais de telle façon que le public puisse consommer des vivres dont les qualités nutritives ne sont pas dégradés. La logistique apporte de l’ordre de l’ordre dans un marché qui fonctionne en désordre. La logistique peut mettre en place des salles de marché dans toutes nous agglomérations – même rurales – de telle façon que qu’ils soient possible programmer les productions et réguler les transports de cargaisons sinon de stocker ou transformer des matières en produits finis en fonction des commandes des clients », déclarait Christian Mayandji, un chef d’entreprise , en commentaire sur cet article.

«Le commerce international repose sur les services logistiques. Une bonne logistique réduit le coût des échanges, sachant que les chaînes d’approvisionnement sont aussi bonnes que leur maillon le plus faible. Pour les pays en développement, l’amélioration de la logistique passe par celle de leurs infrastructures, de leurs procédures douanières, de leur niveau de compétences logistiques et de leurs réglementations», explique Caroline Freund, directrice Macroéconomie, commerce et investissement du Groupe de la Banque mondiale

En tant que spécialistes du domaine, sur ce plan , nous lui devons une certaine reconnaissance d’avoir fait prononcer pour la première fois ce levier stratégique (logistique) au sein du Gouvernement Gabonais et donc d’avoir contribué à poser les jalons essentiels de la marche vers la compétitivité logistique au Gabon.

Qu’il repose en paix.

Julus AGAYAS,

Directeur de publication Gabon Logistics

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