Le Gabon a officiellement lancé, le 8 juin 2026, les travaux de construction du port en eau profonde de Kobé-Kobé, un projet d’envergure appelé à transformer durablement l’économie nationale et à renforcer la position du pays dans les échanges commerciaux internationaux. La cérémonie, présidée par le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema, a réuni des délégations gouvernementales et des partenaires industriels venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie.
Bien plus qu’une simple infrastructure portuaire, Kobé-Kobé s’inscrit dans une vision intégrée associant exploitation minière, transport ferroviaire, production énergétique et transformation industrielle. Ce vaste programme vise à structurer une chaîne logistique complète capable d’accompagner l’exploitation du gisement de fer de Belinga, considéré comme l’un des plus importants au monde avec des réserves estimées à 7,5 milliards de tonnes.
Au cœur du dispositif figure la création d’un corridor logistique reliant l’intérieur du pays au littoral atlantique. Une ligne ferroviaire électrique de près de 1 500 kilomètres devra connecter le gisement de Belinga au futur port minéralier de Kobé-Kobé, permettant l’acheminement de volumes importants de minerai vers les marchés internationaux. Cette infrastructure est appelée à devenir l’une des plus importantes réalisations ferroviaires de la sous-région.
Le futur port en eau profonde constitue un élément central de cette stratégie. Grâce à un tirant d’eau estimé entre 14 et 16 mètres, il pourra accueillir des navires de grande capacité et renforcer la compétitivité logistique du Gabon face aux principaux ports de la façade atlantique africaine. L’objectif est de faire de Kobé-Kobé une plateforme de référence pour l’exportation des ressources minières et le développement des activités industrielles.
Le projet intègre également un important volet énergétique avec la réalisation de plusieurs barrages hydroélectriques destinés à alimenter les futures infrastructures industrielles et logistiques. Cette capacité énergétique doit soutenir non seulement l’exploitation minière mais aussi les projets de transformation locale du minerai, conformément à la volonté des autorités de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
Selon les projections présentées lors du lancement des travaux, l’ensemble du programme pourrait générer jusqu’à 160 000 emplois directs et indirects au cours des prochaines années. Les retombées attendues concernent aussi bien les secteurs du transport, de la logistique et de la construction que les activités industrielles appelées à se développer autour du corridor.
Les autorités gabonaises ambitionnent de faire de Kobé-Kobé un symbole de la nouvelle stratégie économique du pays, fondée sur l’industrialisation, la valorisation locale des ressources naturelles et le renforcement des infrastructures de transport. Le projet repose sur un partenariat international associant plusieurs groupes industriels et financiers issus de différents continents, chacun intervenant dans un segment spécifique de la chaîne de valeur.
Fixé à l’horizon 2030, le calendrier de réalisation constitue désormais un enjeu majeur pour l’ensemble des partenaires engagés. Pour le gouvernement, le respect des délais sera déterminant afin de permettre au Gabon de concrétiser ses ambitions de diversification économique et de renforcer son rôle de hub logistique et industriel en Afrique centrale.
Avec Kobé-Kobé, le pays engage ainsi l’un des plus importants projets d’infrastructures de son histoire récente, destiné à soutenir la croissance économique nationale tout en redessinant les flux logistiques et industriels de la sous-région.

