Logistique/Supply chain

Le logisticien africain au service de l’industrialisation

Et si l’Afrique devenait l’usine du monde ? C’est la question qui est au cœur des cercles économiques africains depuis les 5 dernières années. Plusieurs états à travers le continent tels que le Ghana, le Kenya, le Maroc, ou encore le Nigeria, cherchent à diversifier leur économie souvent basée sur l’exploitation tous azimuts de ressources naturelles. Passer du « Extracted in Africa » au « Made in Africa », c’est possible. Et dans ce grand projet d’industrialisation de l’Afrique, le logisticien a aussi sa partition à jouer.

Crédit photo : African Development Bank
 

L’Afrique aujourd’hui n’est pas un acteur majeur des activités manufacturières à travers le monde. Avec seulement 1%[1] de valeur manufacturière exportée dans le monde, l’Afrique et ses 54 pays font figure de queue de peloton. En comparaison avec des mastodontes tels que l’Europe qui se taille la part du lion avec 42% ou encore l’Asie avec 39%, le continent fait pâle figure.

Pourtant, avec une croissance économique exponentielle (taux de croissance estimé à 2.4% en 2017 contre 1.3% en 2016), une population jeune et dynamique, et une main d’œuvre bon marché, l’Afrique a tous les atouts pour réussir son industrialisation. Il ne manque plus que les politiques publiques de diversification, de financement et d’encadrement pour venir booster et encadrer le potentiel industriel du continent. Et dans cette perspective, le logisticien africain n’est pas en reste.  

La logistique industrielle, d’un point de vue général, se déploie au sein d’une entreprise afin de maîtriser les stocks, ordonnancer la production et les approvisionnements (plan industriel et commercial, plan directeur de production, material replenishment planning), et contrôler la productivité de l’atelier. Aussi, le logisticien en industrie doit prévoir la demande, optimiser l’utilisation des ressources de l’usine (notions de lean management[2]) et assurer les livraisons des produits manufacturés en temps, qualité, et quantité désirés par le client.

Afin de remettre les choses dans leur contexte, on peut juste retenir que le logisticien industriel africain aura pour lourde mission de garantir la performance, la productivité, des usines africaines.

La logistique industrielle a pour figure de proue le modèle japonais, avec Toyota, qui, depuis 1970, a su conserver sa place d’usine efficiente, et d’idéal industriel. A tous les niveaux de ses processus de production, et ses chaînes d’approvisionnement et de distribution, Toyota met en œuvre quasiment tous les principes du lean.  Cette mise en œuvre des principes du lean leur permet donc de réduire au maximum leurs coûts de production, éviter la surproduction, respecter les délais et fabriquer des produits de bonne qualité.

Pour le logisticien industriel africain, cela sera un défi de tous les jours de permettre aux entreprises d’atteindre un tel niveau de productivité. Les concepts théoriques du lean qui ont déjà fait leur preuve en Occident et en Orient, vont forcément se heurter à des problématiques continentales telles que les lenteurs administratives, les infrastructures de transports archaïques, le clientélisme voire la corruption, le manque de traçabilité produit, les mentalités réfractaires au changement. Ce qui est certain, c’est que les entreprises africaines ne pourront pas se passer d’un logisticien.

Au fil des parutions du magazine Parlons Logistique et Transports, édition Gabon, nous décortiquerons ensemble l’actualité de la logistique industrielle, ses méthodes, ses enjeux, les problématiques qu’elle rencontre dans sa mise en œuvre, dans le monde en général, et en Afrique en particulier.

Billet par Pauline RETENO NDIAYE


[1] Source statistiques : World Trade Organization WTO – Organisation Mondiale du Commerce OMC

[2] Lean Management : Amélioration Continue – Système d’organisation industrielle regroupant toutes les méthodes pouvant améliorer la performance d’une entreprise.

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