La récente rencontre entre Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, Ministre d’État des Transports, de la Marine Marchande et de la Logistique, et le Conseil Gabonais des Chargeurs (CGC) met en lumière les grands chantiers de modernisation logistique du Gabon, mais aussi les zones d’ombre sur leur impact réel.
1. La liquidation des droits de trafic : régulation ou contrainte ?
- Présentée comme un levier de transparence et de régulation, elle concerne les flux d’exportation et d’importation, notamment dans les filières manganèse et pétrole.
- Question clé : ce dispositif simplifiera-t-il les opérations ou ajoutera-t-il une couche administrative supplémentaire pour les opérateurs ?
- Risque identifié : une mauvaise articulation pourrait fragiliser la compétitivité des ports d’Owendo et de Port-Gentil face aux ports voisins de la sous-région.
2. Transport terrestre et traçabilité des flux
- La collaboration CGC – DGTT vise à combler le déficit de visibilité sur le transport terrestre.
- Problématique : la solution de traçabilité sera-t-elle un outil de sécurisation efficace, ou seulement un instrument de contrôle bureaucratique ?
- L’efficacité repose sur l’intégration des acteurs privés, des transporteurs et des industriels dans le processus de conception et d’exécution.
3. Digitalisation de l’administration : opportunité ou fracture ?
- Alignée sur les directives du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, la digitalisation promet de moderniser les procédures logistiques et administratives.
- Enjeux critiques : infrastructures numériques, cadre juridique, compétences locales.
- Question centrale : le pays est-il prêt à éviter une fracture entre administration modernisée et opérateurs économiques ?
4. Vision stratégique globale : encore à clarifier
- Les initiatives actuelles semblent techniques et sectorielles.
- L’enjeu majeur : repousser la simple accumulation de réformes vers une stratégie logistique intégrée, capable de faire de la chaîne logistique un levier de compétitivité nationale.
Points à suivre
- Suivi participatif : implication réelle des chargeurs, transporteurs et industriels.
- Impact sur la compétitivité portuaire : éviter que la régulation ne devienne un frein.
- Fiabilité et simplicité des procédures : garantir une réelle valeur ajoutée pour les opérateurs.
- Mise en cohérence digitale et humaine : infrastructures et compétences adaptées pour éviter un fossé entre ambition et pratique.
Conclusion
La séance de travail montre une volonté politique forte de modernisation logistique, mais la réussite dépendra de la capacité du Gabon à transformer ces réformes techniques en stratégie intégrée, avec des effets concrets sur la compétitivité, la transparence et la fluidité des flux commerciaux.

