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Owendo: Un navire vraquier se serait volatilisé avec 48 000 tonnes de manganèse.

C’est un événement grave qui secoue la place portuaire d’Owendo : dans l’obscurité d’une nuit agitée, un vraquier se serait soustrait aux contrôles avec une cargaison évaluée à près de 48 000 tonnes de manganèse.

Paru ce 10 novembre, un article de Gabon D’Abord relate « un acte de haute piraterie, si l’on peut l’appeler ainsi », au cœur d’un secteur stratégique pourtant placé sous haute vigilance.

D’après le journal Gabon D’Abord, c’est « dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 novembre, vers 4 heures du matin » qu’« une scène digne d’un blockbuster hollywoodien s’est produite au port d’Owendo ». Le navire Jacob H, « qui était à quai depuis plusieurs jours, s’est mystérieusement désamarré après avoir chargé près de 48 000 tonnes de manganèse ». Puis, « sans que personne ne s’en aperçoive, il a appareillé avec sa cargaison et a disparu comme par enchantement ».

Selon le journal, « des compatriotes, plutôt des cadres de la Marine marchande, présumés complices d’un sujet chinois », auraient permis l’opération. Le récit précise que « le bateau Jacob H a donc disparu du port d’Owendo où il était amarré depuis longtemps ». Signe de la gravité accordée au dossier, « une plainte contre les complices supposés du Chinois aurait été déposée à la DGR ». Mieux encore, « un signalement urgent aurait été envoyé à Interpol afin d’arraisonner ce navire dans les eaux internationales ».

Gabon D’Abord insiste sur l’onde de choc locale : « au lever du jour, les habitués du port ont été stupéfaits de constater que le Jacob H avait pris la mer », tandis que « des patrouilleurs de la Marine nationale auraient été mobilisés rapidement pour se lancer aux trousses de ce bateau… mais en vain ».

48 000 tonnes volatilisées, auditions en rafale

Le journal évoque des « premiers recoupements » selon lesquels « le ressortissant chinois aurait huilé toute la chaîne lui ayant permis de réussir son coup ». La corruption « aurait donc eu raison de la mansuétude de certains cadres de la Marine marchande ». Dans la foulée, « les agents de la plus grande et importante société basée à Barracuda citée dans l’opération auraient commencé à être auditionnés » à la DGR, et « les interrogatoires se poursuivraient encore ce lundi ».

Il semble par ailleurs que l’affaire ne concerne pas du tout Comilog, mastodonte du manganèse au Gabon, et qu’elle « se soit plutôt déroulée au Port Minéralier d’Owendo (OMP) », un port multimodal situé à Owendo, dédié à l’exportation et à l’importation de marchandises en vrac, principalement des minerais.

La tension est palpable, selon l’hebdomadaire : « du côté du port d’Owendo, tout le monde est sur le qui-vive ». Une situation jugée « abracadabrantesque », qui pourrait devenir un test grandeur nature pour l’ensemble de la chaîne de sûreté portuaire.

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