Dans un entretien accordé au magazine Les Echos de l’Eco, l’ADG de Comilog, Leod Paul Batolo, alertait sur une contrainte majeure freinant les ambitions logistiques du manganèse gabonais :« Le port d’Owendo ne peut accueillir des bateaux plus importants parce que limité par la hauteur du tirant d’eau.»
Cinq ans plus tard, cette déclaration conserve toute sa portée stratégique.
Owendo, maillon clé du corridor minier
Le New Owendo International Port constitue la principale porte d’exportation du manganèse gabonais. Les flux issus de Moanda transitent par le rail via la SETRAG avant chargement vers les marchés internationaux, notamment asiatiques.
Dans son entretien, Leod Paul Batolo expliquait l’impact de cette limite :« Quand nous envoyons 200 000 tonnes de minerai en Chine, cette quantité nécessite 4 bateaux, donc 4 fois les opérations, 4 fois les frais, 4 fois plus de pollution. Or, il existe des supertankers minéraliers capables de transporter 190 000 à 200 000 tonnes, mais ils sont équipés d’un tirant d’eau d’environ 30 mètres. » Cette démonstration mettait en évidence une réalité : l’infrastructure portuaire influence directement les coûts, la compétitivité et la performance environnementale.
Une problématique devenue stratégique en 2026
Filiale du groupe Eramet, la Comilog est aujourd’hui le deuxième producteur mondial de manganèse et ambitionne de devenir leader sur le segment haute teneur. Mais la compétitivité minière ne repose plus uniquement sur la richesse du gisement. Elle dépend désormais :
✅De la fluidité ferroviaire ;
✅De la capacité portuaire ;
✅De l’optimisation maritime ;
✅De la maîtrise des coûts logistiques globaux.
En 2026, alors que le Gabon affiche des ambitions renforcées en matière d’industrialisation et de transformation locale, la question du tirant d’eau du port d’Owendo dépasse le cadre d’une simple contrainte technique.
Elle devient une question de souveraineté logistique nationale.
Modernisation portuaire : un enjeu d’avenir
Plusieurs ports africains investissent massivement dans le dragage et l’extension de leurs capacités afin d’accueillir des vraquiers de très grande taille. Ces investissements permettent :
✅Une réduction du coût par tonne exportée ;
✅Une diminution du nombre de rotations ;
✅Une baisse relative des émissions par volume transporté ;
✅Un gain de compétitivité à l’international.
Dans ce contexte, l’alerte formulée par Leod Paul Batolo apparaît aujourd’hui comme une anticipation stratégique.
La déclaration de Leod Paul Batolo n’était pas un simple constat technique.
Elle mettait en lumière un défi structurel pour l’économie gabonaise.
En 2026, la compétitivité du manganèse gabonais ne se joue plus uniquement à Moanda. Elle se joue aussi dans la capacité du port d’Owendo à accueillir les navires de demain. La profondeur des eaux est devenue un enjeu de profondeur stratégique.
Tirant d’eau du port d’Owendo : une alerte formulée toujours d’actualité en 2026

