Membre actif de l’Organisation Maritime Internationale, le Gabon contribue à son fonctionnement et bénéficie d’une visibilité sur la scène maritime internationale. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’accéder aux formations d’élite proposées sous son égide, les professionnels gabonais restent très peu représentés.
Deux institutions incarnent pourtant le sommet de la formation maritime mondiale. La World Maritime University, basée à Malmö, forme depuis 1983 des cadres de haut niveau en gestion maritime, logistique et sécurité. De son côté, l’International Maritime Law Institute, créé en 1988 à Malte, est une référence internationale en droit maritime.
Ces établissements offrent aux États membres une opportunité stratégique : former des experts capables de répondre aux enjeux complexes du transport maritime, de la logistique portuaire et de la régulation internationale. Pourtant, le constat est frappant. Aucun Gabonais n’a, à ce jour, été diplômé de l’IMLI. Quant à la WMU, seuls quatre ressortissants gabonais y ont été formés, dont deux récemment.
Ce faible niveau de participation interroge, alors même que le pays affiche des ambitions fortes dans les secteurs maritime et logistique. À l’heure où la compétitivité passe par la maîtrise des chaînes logistiques, la sécurité des opérations portuaires et la connaissance du droit international, l’accès à ces formations devient un enjeu stratégique.
Former des cadres gabonais dans ces institutions, c’est renforcer les compétences nationales, améliorer la représentation du pays dans les instances internationales et soutenir le développement d’une expertise locale capable d’accompagner la transformation du secteur maritime.
Ce déficit de présence souligne la nécessité d’une mobilisation plus large. Autorités publiques, universités et acteurs privés ont un rôle à jouer pour identifier, accompagner et orienter les talents vers ces filières d’excellence. Car au-delà de la formation individuelle, c’est toute la capacité du Gabon à se positionner comme un acteur majeur du maritime en Afrique centrale qui est en jeu.
L’enjeu est clair : transformer un potentiel reconnu en compétences concrètes, au service d’une logistique maritime performante et d’une économie tournée vers l’international.










