Depuis plusieurs jours, les agents de la CNNII poursuivent un mouvement de protestation devant l’immeuble Arambo à Libreville. Exaspérés par près de deux années d’arriérés de salaires et par l’absence de réponses concrètes des autorités, les employés dénoncent une situation sociale devenue intenable.
Installés devant le ministère des Transports, les manifestants affichent leur détermination à faire entendre leurs revendications. Selon Emmanuel Ekouré, porte-parole des agents, le mouvement vise à dénoncer les 23 mois de salaires impayés accumulés au fil des années malgré plusieurs cycles de négociations engagés avec les autorités de tutelle.
Les employés expliquent que les difficultés remontent à 2020, période durant laquelle la société accusait déjà plusieurs mois d’impayés. Malgré différentes promesses faites lors des discussions avec les autorités, la situation n’aurait cessé de se détériorer, passant progressivement de huit à vingt-trois mois d’arriérés de salaires entre 2020 et 2026.
Au-delà des difficultés financières, les agents évoquent de lourdes conséquences sociales : enfants déscolarisés, expulsions de logements et précarité grandissante parmi les travailleurs et leurs familles. Les manifestants dénoncent également le silence des autorités, affirmant qu’aucun responsable ne serait venu échanger avec eux depuis le début du sit-in.
Autre point de tension soulevé par les employés : les cotisations sociales prélevées sur les salaires ne seraient plus reversées à la CNSS depuis plusieurs années. Une situation qui pénaliserait notamment plusieurs anciens agents aujourd’hui privés de pension de retraite.
Les protestataires jugent cette situation d’autant plus incompréhensible que la compagnie continue d’assurer ses activités de transport maritime entre Libreville et Port-Gentil. Pour eux, il est difficilement concevable qu’une entreprise toujours opérationnelle accumule autant de mois d’impayés envers ses employés.
À travers leur mobilisation, les agents lancent un appel direct au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin qu’une solution rapide soit trouvée à cette crise sociale qui secoue la compagnie maritime nationale. Les manifestants préviennent par ailleurs que le mouvement se poursuivra tant qu’aucune réponse concrète ne sera apportée à leurs revendications.










