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mercredi 25 mars 2026

« Flotte fantôme russe » : le Gabon reprend le contrôle de son pavillon maritime.

Le Gabon a été sous les projecteurs internationaux en raison de son pavillon maritime, récemment impliqué dans les controverses liées à la « flotte fantôme » russe. Ces navires russes ont utilisé des pavillons étrangers pour contourner les sanctions occidentales sur les exportations de pétrole, et le registre gabonais a été pointé du doigt par Bruxelles comme étant l’un des pavillons impliqués.

Cette situation a mis en évidence la vulnérabilité du système d’immatriculation gabonais et la nécessité pour le pays de reprendre le contrôle de son registre international.

Des pavillons de complaisance au centre des critiques

Pendant plusieurs années, le registre maritime gabonais était géré à distance par Intershipping Services, société basée à Dubaï. Cette gestion externalisée permettait une immatriculation rapide et flexible des navires, mais limitait fortement le contrôle du Gabon sur les dossiers et inspections.

Cette opacité a conduit certains médias et observateurs à qualifier le pavillon gabonais de « pavillon fantôme », suscitant des inquiétudes sur la sécurité des navires et sur la possibilité d’activités opaques comme le contournement de sanctions internationales.

Reprise en main : installation d’un bureau local à Libreville

Pour restaurer la crédibilité de son pavillon, le Gabon a entrepris un renforcement significatif du contrôle national :

  • Un bureau d’immatriculation maritime a été inauguré au 3ᵉ étage de l’immeuble Santullo à Libreville, placé sous la supervision directe de la Marine marchande et du ministère des Transports.
  • La validation des navires se fait désormais conjointement entre Libreville et Dubaï, garantissant un double contrôle et une conformité aux normes internationales.
  • Seuls les navires respectant les exigences de sécurité, de prévention de la pollution et de droit du travail peuvent être enregistrés sous pavillon gabonais.
  • En cas de mise sur liste de sanctions internationales, le pavillon peut être retiré, conformément aux règles de l’OFAC (Office of Foreign Asset Control, États-Unis).

Une souveraineté maritime retrouvée

La réorganisation du registre gabonais dépasse la simple formalité administrative : elle représente un tournant stratégique pour la souveraineté maritime nationale.

  • Elle permet de contrôler l’accès au pavillon gabonais, limitant les risques d’utilisation à des fins opaques.
  • Elle contribue à former un corps national d’inspecteurs et d’agents maritimes, renforçant l’expertise locale et réduisant la dépendance vis-à-vis de partenaires étrangers.
  • Sur le plan économique, elle ouvre la voie à une nouvelle source de revenus grâce aux redevances d’immatriculation et à l’attractivité d’un pavillon fiable et reconnu à l’international.

Des changements concrets dans le quotidien du secteur maritime

Depuis la mise en place du bureau local :

  • Les dossiers d’immatriculation sont examinés selon des critères rigoureux, incluant l’âge et l’état des navires, le respect des normes de sécurité et de prévention de la pollution.
  • Les inspections sont renforcées, avec une surveillance plus étroite des navires étrangers immatriculés au Gabon.
  • La transparence est accrue : le Gabon réduit l’opacité dans la chaîne de propriété et d’immatriculation, limitant les risques de contournement des sanctions et de pratiques illégales.

Perspectives pour le Gabon

La mise en place de ce registre contrôlé localement marque une étape clé vers la transformation du secteur maritime gabonais.

  • Le pays se positionne comme un acteur fiable du transport maritime international, capable de concilier ouverture économique et respect des normes internationales.
  • Cette démarche est également un signal fort aux partenaires étrangers et aux organisations internationales, montrant que le Gabon prend au sérieux sa responsabilité dans la gestion de son pavillon et dans la prévention de toute utilisation abusive.

Avec ce tournant stratégique, le Gabon pourrait devenir un modèle de pavillon national maîtrisé, offrant transparence, sécurité et opportunités économiques, tout en limitant les risques liés aux pavillons de complaisance.

Séphora Aworet
Séphora Aworethttp://www.gabonlogistics.com
Journaliste-Spécialiste en communication digitale. Passionné par le métier du digital et la presse numérique.

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