Alors que l’économie bleue suscite un intérêt croissant sur le continent africain, le Gabon a officiellement proposé d’abriter le siège d’un Fonds régional dédié à la économie bleue pour les pays du Golfe de Guinée, une initiative qui pourrait transformer Libreville en hub de financement stratégique pour la mise en valeur des activités maritimes durables.
Un projet d’envergure régionale en phase préparatoire
Selon l’Agence Ecofin et CAMPEA Africa, la proposition a été rendue publique le 3 octobre 2025 à Libreville, lors d’une audience entre Venâncio Soares Gomes, secrétaire exécutif adjoint de la Commission du Golfe de Guinée (CGG), et Laurence Ndong, ministre gabonaise de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue.
L’objectif ? Créer un fonds régional destiné à mobiliser des ressources financières pour soutenir le développement durable des secteurs maritimes et côtiers des États membres du Golfe de Guinée, notamment dans :
- la gestion durable des pêches,
- la protection des écosystèmes marins,
- la lutte contre la pêche illicite,
- la modernisation des infrastructures portuaires.
Ce fonds serait également conçu pour encourager les investissements privés dans les chaînes de valeur liées aux océans, incluant la transformation des produits halieutiques, la logistique maritime et le transport côtier.
Un projet encore en conception à fin 2026
Aucune date de lancement officielle n’a été fixée, ce qui soulève la question de la matérialisation du projet et des engagements concrets des acteurs régionaux et internationaux pour 2026 et au‑delà.
Pourquoi ce fonds est‑il important ?
Le Golfe de Guinée est l’une des zones maritimes les plus riches en biodiversité au monde, mais aussi l’une des plus vulnérables face à la surpêche, la pêche illégale, l’érosion côtière et les pressions environnementales.
Un fonds dédié à l’économie bleue vise à :
- renforcer les capacités nationales des États côtiers;
- soutenir des projets de recherche, d’innovation et de développement durable;
- structurer une financiarisation responsable du secteur maritime;
- attirer des investissements durables.
Ce mécanisme pourrait, à terme, constituer un levier financier majeur pour que les richesses marines du Golfe de Guinée deviennent un moteur de croissance inclusive et durable pour l’Afrique de l’Ouest et centrale.
Position du Gabon : hub régional en devenir
Le Gabon met en avant son cadre institutionnel avancé en gestion maritime et halieutique comme un argument clé pour abriter le siège de ce fonds, ce qui renforcerait sa position géostratégique dans la gouvernance de l’économie bleue régionale.
Pour Libreville, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire du pays un acteur central de la finance bleue en Afrique, à l’image des Blue Bonds et des projets de conservation marine déjà engagés sur le territoire national.
Un chantier prioritaire pour 2026… mais encore incertain
Malgré une annonce officielle en 2025, le projet de fonds reste à concrétiser en 2026, ce qui soulève des questions légitimes :
- Quand les États membres adopteront‑ils un cadre juridique et institutionnel définitif ?
- Quel sera le montant mobilisé et les engagements des partenaires internationaux ?
- Quels seront les projets pilotes financés dès la première phase ?
Pour l’heure, aucune avancée majeure n’a été rendue publique au cours de l’année 2026 en termes de lancement formel ou de ressources engagées. Cela laisse penser que ce fonds, bien que prometteur, demeure un chantier en cours, nécessitant une volonté politique coordonnée entre les pays du Golfe de Guinée et leurs partenaires.
Conclusion : un potentiel immense, un besoin de passage à l’acte
Le projet de Fonds régional pour l’économie bleue du Golfe de Guinée, avec le Gabon en position d’hôte potentiel, est une perspective stimulante pour la croissance durable de la région. Il pourrait transformer la manière dont les ressources marines sont financées, protégées et valorisées.
Cependant, tant que les aspects capitalistiques et institutionnels ne sont pas finalisés, le fonds reste au stade d’intention. La question centrale pour la fin de l’année 2026 est donc : le projet va‑t‑il passer du discours à la réalité concrète ?
La réponse dépendra des décisions politiques à venir, ainsi que de l’implication des agences de développement, des institutions financières régionales et des partenaires internationaux engagés dans l’économie bleue.










