Lancé en grande pompe en 2015 par le Roi Mohammed VI et l’ancien exécutif gabonais, le Centre de formation aux métiers du transport et de la logistique d’Akanda (Centre Mohammed VI) demeure, plus d’une décennie après, une énigme infrastructurelle. Alors que le Gabon ambitionne de devenir un hub logistique régional, ce joyau de 4 600 m² reste désespérément clos, illustrant le fossé entre les ambitions de pierre et la réalité opérationnelle.
Une bureaucratie aux freins serrés
L’histoire du centre est celle d’un « stop-and-go » permanent. Bien que le bâtiment soit physiquement achevé depuis des années, son existence juridique n’a été actée qu’en novembre 2020 par décret. Ce décalage de cinq ans entre la fin des travaux et la signature administrative souligne une inertie qui a longtemps pénalisé la compétitivité de notre chaîne de valeur nationale.
Le mystère de la direction “fantôme”
Plus troublant encore, le volet des ressources humaines. En décembre 2020, un appel à candidature officiel était lancé pour le poste de Directeur du Centre. Pourtant, malgré cette velléité de structuration, le navire Akanda n’a toujours pas de capitaine opérationnel à la barre.
Chez GLT Média, nous nous interrogeons : comment un poste de direction peut-il être mis au concours il y a plus de cinq ans sans qu’un lancement effectif ne suive ? Cette gestion par « effets d’annonce » trahit une absence de budget de fonctionnement réel et un manque de coordination entre le recrutement du top management et la mise à disposition des moyens techniques.
L’héritage d’une gestion en panne
Plusieurs facteurs grippent la machine :
- Inertie de l’ancien régime : Jusqu’au changement de gouvernance en août 2023, le dossier semblait s’être perdu dans les méandres des priorités changeantes de l’administration sortante.
- Déficit de formateurs : Au-delà du béton, le défi reste humain. Le recrutement et la certification d’instructeurs spécialisés aux standards internationaux font cruellement défaut.
Le CTRI face au défi de la « Félicité » logistique
Depuis l’avènement de la Transition, l’espoir d’une accélération est réel. Le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) a su relancer d’autres pôles de formation, notamment celui de Nkok. Mais le cas d’Akanda reste le dernier grand test pour la zone nord.
L’avis de GLT Média (Gabon Logistics et transports) : Le développement de nos corridors de transport ne pourra se faire sans une main-d’œuvre locale qualifiée. Le centre d’Akanda n’est plus un sujet de construction, c’est un impératif de souveraineté économique. Il est temps de passer du décret à l’action, de la nomination « sur papier » à la direction de terrain.










