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dimanche 22 février 2026

Loi de finances 2026 : ambition logistique affirmée, mais risques d’exécution élevés

Notre rédaction (GLTMédia) propose une lecture critique de la Loi de finances 2026 sous l’angle de la logistique, des transports et des infrastructures routières.

La Loi de finances 2026 prévoit une hausse significative du budget des transports, passant d’environ 30,8 milliards FCFA en 2025 à plus de 66,1 milliards FCFA en 2026. Cette progression traduit une volonté politique claire de renforcer les infrastructures et la mobilité. Cependant, une analyse approfondie des données publiées dans le Journal Officiel invite à la prudence.

Des investissements en forte hausse, mais une exécution incertaine

L’augmentation est principalement portée par les dépenses d’investissement, qui dépassent 41 milliards FCFA. Si ce choix est cohérent sur le plan stratégique, il pose une question centrale : la capacité réelle d’exécution des projets.

L’expérience passée montre que les crédits votés ne se traduisent pas toujours par des réalisations effectives, en particulier dans le secteur routier.

Routes : priorité budgétaire, manque de visibilité opérationnelle

Les infrastructures routières bénéficient d’un renforcement notable des enveloppes. En revanche, le Journal Officiel ne précise ni la localisation des projets, ni leur nature (entretien, réhabilitation ou nouvelles routes).

Ce flou entretient le risque d’une dispersion des investissements, réduisant leur impact logistique réel.

Multimodalité : une approche encore fragmentée

La forte progression des crédits pour le transport aérien et fluvial traduit une volonté de diversification. Toutefois, l’absence d’une vision intégrée entre route, fluvial et aérien limite la portée de cette ambition. Une logistique performante repose sur la cohérence des modes, pas sur des investissements isolés.

Douane et import-export : le maillon toujours fragile

La Loi de finances 2026 prévoit des crédits pour la maintenance du système d’information des douanes, un signal positif. Néanmoins, ces moyens restent insuffisants face aux lenteurs administratives qui continuent de peser lourdement sur les coûts logistiques et les délais d’import-export.

Conclusion

La Loi de finances 2026 affiche un volontarisme budgétaire inédit en faveur de la logistique, des transports et des infrastructures routières. Mais sans programmation claire, coordination multimodale et suivi rigoureux, ces investissements risquent de produire un impact limité sur la compétitivité logistique et la réduction des coûts.

Pour GLTMédia, l’enjeu de 2026 sera moins le montant des crédits que leur traduction concrète sur le terrain.

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