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mardi 24 mars 2026

SEEG : 500 milliards investis… mais les achats et la logistique sont-ils à la hauteur ?

L’annonce d’un investissement de 500 milliards de FCFA par la SEEG, relayée notamment par L’Union, traduit une ambition forte de moderniser l’accès à l’eau et à l’électricité au Gabon. Mais derrière cette enveloppe impressionnante, une question centrale demeure : ces investissements peuvent-ils produire des résultats durables sans une réforme profonde de la logistique et des fonctions achats ?

Sur le terrain, les dysfonctionnements restent visibles : coupures récurrentes, délestages, interruptions prolongées. Ces perturbations ne relèvent pas uniquement d’un manque d’infrastructures, mais aussi de failles internes dans l’organisation. Elles traduisent une crise plus globale, où la performance opérationnelle est directement impactée par des insuffisances dans la gestion des flux, des ressources et des priorités.

La logistique apparaît ainsi comme un maillon critique. Des difficultés d’approvisionnement, des ruptures de stocks, des délais d’intervention trop longs ou encore une mauvaise planification des maintenances fragilisent la continuité du service. Dans un secteur aussi stratégique, l’absence d’une chaîne logistique fluide et anticipative transforme chaque incident technique en crise prolongée pour les usagers.

Au cœur de ces faiblesses, la fonction achats et approvisionnements joue un rôle déterminant. Une gestion inefficace des fournisseurs, des retards de paiement ou un manque de stratégie d’achat peuvent désorganiser toute la chaîne. À cela s’ajoute le poids des importations : les coûts de fret maritime et aérien, souvent mal optimisés, alourdissent considérablement les dépenses. Sans une politique d’achats structurée et pilotée, ces contraintes peuvent conduire à des acquisitions d’équipements à des coûts excessifs, réduisant l’impact réel des investissements.

Ces problématiques soulèvent également la question du contrôle et de la gouvernance. Des audits ont mis en lumière des dysfonctionnements dans les processus d’achats, la gestion des fournisseurs et l’organisation globale. L’absence de transparence, combinée à un pilotage insuffisamment orienté data, limite la capacité de l’entreprise à rationaliser ses खर्चs et à améliorer sa performance.

En définitive, les 500 milliards annoncés représentent une opportunité majeure pour transformer la SEEG. Mais sans une réforme en profondeur de la logistique, des achats et de la chaîne d’approvisionnement, ces investissements risquent de produire un impact limité. Pour les usagers gabonais, l’enjeu reste simple : bénéficier d’un service fiable, continu et efficace — un objectif qui dépend avant tout d’une logistique maîtrisée.

Dès lors, une question s’impose : la SEEG doit-elle continuer à investir massivement sans revoir ses fondamentaux logistiques, ou engager une transformation en profondeur pour garantir enfin des résultats concrets ?

Séphora Aworet
Séphora Aworethttp://www.gabonlogistics.com
Journaliste-Spécialiste en communication digitale. Passionné par le métier du digital et la presse numérique.

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