Alors que la compagnie ValueJet est engagée dans un processus d’autorisation pour opérer au Gabon, il apparaît essentiel de rappeler que la crédibilité d’un opérateur aérien se construit aussi à l’aune de son historique de sécurité.
Par le passé, ValueJet a été confrontée à un incident opérationnel survenu au Nigeria, un événement qui, sans faire de victimes, a néanmoins mis en lumière les exigences élevées et permanentes auxquelles sont soumises les compagnies aériennes. Dans un secteur où la marge d’erreur est inexistante, chaque incident constitue un signal fort, appelant à une remise en question des procédures, de l’organisation et de la culture interne de sécurité.
Ce rappel n’a pas vocation à stigmatiser, mais à souligner une réalité fondamentale : la sécurité aérienne n’est jamais acquise définitivement. Elle repose sur une discipline constante, des audits rigoureux et la capacité des compagnies à apprendre de leurs événements passés, à corriger leurs failles et à se conformer strictement aux standards internationaux.
Dans ce contexte, le rôle des autorités de régulation est déterminant. Les inspections menées par l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) visent précisément à s’assurer que les opérateurs souhaitant desservir le territoire gabonais respectent pleinement les normes établies par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), indépendamment de leur nationalité ou de leur parcours antérieur.
L’audit récemment conduit à Lagos s’inscrit ainsi dans une logique de tolérance zéro vis-à-vis des écarts de sécurité. Il ne s’agit pas uniquement de vérifier des installations ou des documents, mais d’évaluer la maturité globale du système de gestion de la sécurité, la robustesse des procédures et la capacité réelle de l’opérateur à prévenir les risques.
Pour le Gabon, l’ouverture du ciel à de nouveaux acteurs doit impérativement aller de pair avec une exigence absolue : aucune concession sur la sécurité des passagers, des équipages et des infrastructures. La connectivité et la compétitivité du transport aérien ne peuvent se construire durablement qu’à ce prix.
Les audits actuels suffisent-ils à garantir qu’un opérateur a réellement corrigé ses failles et atteint un niveau de conformité acceptable ?
Le débat est ouvert. Sécurité, attractivité du marché et responsabilité des régulateurs : où placer le curseur ?









