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dimanche 22 février 2026

Tarifs ferroviaires au Gabon : la transparence suffit-elle à apaiser les tensions ?

La rencontre du 20 février 2026 entre le ministre des Mines, Sosthène Nguéma Nguéma, la SETRAG et les opérateurs miniers marque un tournant dans un débat devenu stratégique : celui des droits d’accès et de circulation sur le réseau ferroviaire national.

Au-delà d’un simple échange technique, c’est toute la question de la gouvernance des infrastructures logistiques au service du secteur minier qui est posée.

Un réseau sous pression

Mis en service en 1986, le Transgabonais constitue l’épine dorsale du transport minier au Gabon. Avec une capacité d’environ 12 millions de tonnes par an pour un trafic déjà proche de 11 millions, le réseau fonctionne à la limite de ses capacités.

La SETRAG justifie les hausses tarifaires appliquées depuis 2022 par :

-Les investissements de réhabilitation,

-L’augmentation du coût des matériaux importés,

-La nécessité d’anticiper les futurs besoins de capacité.

La hausse moyenne annoncée – entre 1 et 2 FCFA par tonne et par an – peut sembler marginale. Mais dans un secteur où les volumes se chiffrent en millions de tonnes, l’impact cumulé devient significatif pour les opérateurs.

Le vrai sujet : qui finance l’expansion logistique ?

Le débat dépasse la question arithmétique de quelques francs CFA.

Il interroge un modèle :

-Le concessionnaire doit-il ajuster progressivement ses tarifs pour financer les investissements ?

-L’État doit-il intervenir davantage pour accompagner l’expansion d’un réseau stratégique pour l’économie nationale ?

-Les opérateurs miniers doivent-ils contribuer via des mécanismes contractuels spécifiques ?

Car l’enjeu est clair : toute augmentation significative des volumes transportés exigera de nouveaux investissements, conformément à la convention de concession. Or, le Gabon mise sur la transformation locale et l’augmentation de la production minière. Sans logistique robuste, cette ambition restera théorique.

La concertation annuelle : solution ou minimum institutionnel ?

L’instruction du ministre d’organiser une réunion annuelle de concertation constitue un signal positif. Transparence sur :

-Les tarifs,

-Les volumes transportés,

-Les investissements réalisés.

Mais une réunion annuelle suffira-t-elle à instaurer une véritable culture de gouvernance partagée ?

La transparence ne doit pas être un exercice administratif. Elle doit permettre :

-Une visibilité pluriannuelle des grilles tarifaires,

-Un calendrier clair des investissements,

-Des indicateurs de performance accessibles aux acteurs économiques.

Ouvrir le débat : vers un pacte logistique minier ?

À l’heure où le Gabon ambitionne de renforcer sa souveraineté économique, la question ferroviaire devient stratégique. Le Transgabonais n’est pas seulement une infrastructure : c’est un levier de compétitivité nationale.

Faut-il aller vers :

-Un pacte logistique minier associant État, concessionnaire et industriels ?

-Un mécanisme d’indexation plus transparent des tarifs ?

-Un fonds d’investissement dédié à l’extension des capacités ferroviaires ?

Ce débat mérite d’être public. Car derrière les tarifs ferroviaires se joue la capacité du Gabon à transformer ses ressources et à attirer des investissements durables.

La rencontre du 20 février ouvre une porte. Reste à savoir si elle débouchera sur une réforme structurelle ou si elle restera un épisode ponctuel dans la gestion des tensions sectorielles.

Le moment est venu de poser la question centrale : quelle gouvernance logistique pour soutenir l’ambition minière du Gabon ?

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