Les activités portuaires gabonaises, au cœur des échanges commerciaux du pays, sont aujourd’hui confrontées à une réalité préoccupante : la multiplication des transitaires informels. Si le métier de transitaire constitue un maillon essentiel de la chaîne logistique, son exercice en dehors de tout cadre réglementaire fragilise l’organisation des ports et expose l’économie nationale à de nombreux risques.
Dans les ports gabonais — Owendo, Libreville et Port-Gentil — plusieurs opérateurs exercent sans agrément officiel, sans inscription conforme ni respect des procédures douanières. Cette situation favorise le contournement des règles, la fraude et des pratiques opaques, au détriment des transitaires légalement établis et des usagers.
Au-delà des pertes financières pour l’État, ces activités informelles posent un problème majeur de sécurité. L’absence de traçabilité claire des marchandises complique le travail des services de contrôle et facilite l’introduction de produits illicites dans les circuits portuaires. Ce constat est d’autant plus alarmant que les ports restent des infrastructures stratégiques pour le pays.
Certes, la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) a engagé des actions pour assainir le secteur et amener certains acteurs à se conformer à la réglementation. Mais ces efforts restent limités face à l’ampleur du phénomène informel qui continue de prospérer en marge du système officiel.
Face à ce désordre persistant, les autorités compétentes doivent renforcer la régulation des transitaires au Gabon. L’identification systématique des opérateurs, l’application stricte des cahiers de charges et une meilleure coordination entre autorités portuaires, douanières et professionnelles sont indispensables.
Encadrer cette activité, c’est restaurer l’ordre et la transparence dans les ports, protéger l’économie nationale et garantir un environnement de travail sain aux acteurs respectueux des règles.
Jusqu’à quand les ports gabonais resteront-ils vulnérables face aux transitaires informels opérant en marge de la réglementation, au détriment de la sécurité et des recettes publiques ?









