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dimanche 22 février 2026

Achats publics et chaînes logistiques : le talon d’Achille silencieux de l’administration gabonaise

Peut-on moderniser durablement l’administration gabonaise sans s’attaquer à l’optimisation des achats publics et des chaînes logistiques de l’État ? La question mérite d’être posée. Ces fonctions restent trop souvent invisibles, peu structurées et rarement débattues dans les instances parlementaires, alors qu’elles conditionnent directement la performance budgétaire, la continuité du service public et la crédibilité institutionnelle.

Un maillon stratégique trop souvent négligé

Derrière chaque politique publique, chaque projet ou équipement acquis par l’État se cache une chaîne d’achats, de transport, de stockage et de distribution. Pourtant :

  • La fonction logistique et achats n’est pas systématiquement identifiée dans les administrations.
  • La planification et le pilotage sont insuffisants.
  • Les responsabilités sont souvent diluées, et les coûts indirects peu mesurés.

Les conséquences sont claires : recours fréquent aux procédures d’urgence, contrats mal optimisés, coûts logistiques élevés, délais et pénalités. Ces dysfonctionnements silencieux pèsent sur les finances publiques sans toujours être visibles ni corrigés.

Une gouvernance à revoir

L’État supporte des coûts indirects rarement évalués :

  • Dédouanements longs, stockage prolongé
  • Transports non mutualisés
  • Retards dans la livraison de biens essentiels

Le Port d’Owendo, principal point de transit des flux institutionnels, illustre cette situation : sans coordination centralisée, l’État ne tire pas pleinement parti de son pouvoir de volume et de négociation.

Le défi majeur : instaurer une fonction Achats et Logistique formalisée dans chaque administration, avec des compétences, des outils et un mandat précis.

Questions clés

  • Peut-on exiger une meilleure maîtrise de la dépense publique sans structurer les fonctions qui la rendent possible ?
  • Faut-il rendre obligatoire la présence d’une fonction achats et logistique dans chaque institution ?
  • Faut-il renforcer la mutualisation des achats et des flux logistiques pour réduire les coûts ?

Enjeu économique et stratégique

En 2024, les dépenses publiques ont atteint 3 364,7 milliards de FCFA (+20 % par rapport à 2023), avec un doublement des investissements publics à 529,6 milliards de FCFA. Optimiser les achats et la logistique pourrait permettre de réaliser des économies significatives, améliorer la qualité de la dépense publique et renforcer la crédibilité de l’action gouvernementale.

Quelles mesures le Ministre de l’Économie, des Finances et des Participations, chargé de la dette et de la lutte contre la vie chère, entend-il mettre en œuvre pour maîtriser les coûts des achats et de la logistique ?

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