Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’industrialisation de ses ressources naturelles. À Paris, en marge de la visite d’État du Président Brice Clotaire Oligui Nguema en France, un protocole d’accord a été signé entre la République gabonaise et le groupe Eramet, en présence du Président français Emmanuel Macron. Cet accord pose les bases d’une transformation locale accrue du manganèse et ouvre de nouvelles perspectives pour la logistique minière, les transports et les infrastructures du pays.
Résultat de plus d’une année de concertation entre Eramet et les autorités gabonaises, ce protocole prévoit une feuille de route visant à transformer jusqu’à 700 000 tonnes de minerai de manganèse par an au Gabon d’ici 2031. Trois scénarios industriels seront étudiés afin d’identifier le modèle le plus performant sur les plans technique, économique et énergétique. Les deux parties ont réaffirmé qu’aucun projet ne sera lancé sans garanties de viabilité économique.
Pour le secteur de la logistique et transport, cet accord constitue un tournant majeur. La montée en puissance de la transformation locale modifiera profondément les flux de marchandises. Jusqu’à présent principalement orientée vers l’exportation de minerai brut, la chaîne logistique devra progressivement intégrer l’approvisionnement d’unités industrielles, la gestion de nouveaux intrants, le stockage de produits transformés et leur expédition vers les marchés internationaux.
Cette évolution entraînera une adaptation des infrastructures de transport et des plateformes logistiques. Les réseaux ferroviaires, les installations portuaires, les entrepôts industriels ainsi que les solutions de manutention devront accompagner cette montée en gamme de la filière manganèse. Les opérateurs de transport routier, ferroviaire et maritime seront également appelés à répondre à de nouveaux besoins liés à la transformation industrielle.
Le protocole souligne également l’engagement de l’État gabonais à mettre en place les conditions énergétiques nécessaires au développement des futures unités de transformation. L’accès à une énergie fiable, compétitive et disponible constitue un facteur déterminant pour la réussite de cette stratégie industrielle et pour l’attractivité des investissements.
Au-delà de la métallurgie, le partenariat ouvre la voie à une industrie plus durable. Eramet poursuit le développement d’une filière locale de biocharbon en partenariat avec Precious Woods, avec l’objectif de réduire les émissions carbone des activités minières et métallurgiques. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique mondiale de décarbonation des chaînes logistiques et industrielles.
L’accord prévoit également la création du fonds d’amorçage « Fabriqué au Gabon », destiné à soutenir le développement d’entreprises locales et de nouvelles activités industrielles. Pour les acteurs nationaux de la logistique, de la maintenance, du transport, de l’ingénierie et des services industriels, cette initiative pourrait favoriser l’émergence d’un tissu de sous-traitants capables d’accompagner les futurs projets de transformation.
Cette nouvelle orientation confirme l’ambition du Gabon de créer davantage de valeur sur son territoire en développant des capacités industrielles autour de ses ressources minières. Pour le secteur de la logistique et des transports, les enjeux dépassent désormais le simple acheminement du minerai. Ils concernent la construction d’une véritable chaîne logistique intégrée, capable de soutenir une industrie de transformation compétitive, de renforcer les infrastructures nationales et de générer des emplois qualifiés.
Pour Gabon Logistics & Transports, cet accord marque un changement de paradigme : l’avenir de la logistique minière gabonaise ne se jouera plus uniquement dans l’exportation des matières premières, mais dans la capacité du pays à organiser, sécuriser et optimiser l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement d’une industrie à plus forte valeur ajoutée.










