La décision du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, d’ordonner un audit complet des exonérations fiscales et douanières n’est pas une simple mesure administrative. Elle constitue un signal fort adressé à l’ensemble des acteurs économiques du pays. L’objectif affiché est clair : distinguer les exonérations encore justifiées de celles qui, arrivées à échéance ou insuffisamment encadrées, continuent de priver l’État de ressources importantes.
Pour le secteur de la logistique et des transports, cette annonce doit être perçue comme une invitation à la responsabilité et à l’introspection.
Depuis plusieurs années, les exonérations ont permis à certains opérateurs d’investir dans des équipements, de moderniser leurs outils de production, de développer des infrastructures ou de soutenir des projets structurants. Mais il est aussi légitime de s’interroger : ces avantages ont-ils toujours produit les effets attendus en matière d’emplois, de transfert de compétences, de réduction des coûts logistiques ou d’amélioration de la compétitivité nationale ?
Le moment est venu pour notre secteur de dépasser le simple débat sur les avantages fiscaux pour poser les vraies questions.
Combien d’entreprises ayant bénéficié d’exonérations ont réellement investi dans la formation des Gabonais ? Combien ont contribué à renforcer le tissu économique local en faisant appel à la sous-traitance nationale ? Combien ont permis de rendre le transport et la logistique plus accessibles aux entreprises et aux populations ?
L’audit annoncé par le Chef de l’État ne doit pas être perçu comme une menace, mais comme une opportunité de remettre la performance, la transparence et l’impact économique au cœur de nos pratiques.
Le secteur de la logistique et des transports est un pilier de la souveraineté économique du Gabon. Ports, transport ferroviaire, transit, entreposage, logistique minière, maritime ou urbaine : chaque maillon de cette chaîne bénéficie directement ou indirectement de politiques publiques et d’investissements de l’État. En retour, il est légitime que la nation attende des résultats mesurables.
L’heure est donc à un nouveau pacte de responsabilité.
Aux entreprises du secteur de démontrer, chiffres à l’appui, la valeur créée grâce aux avantages obtenus. Aux administrations de mettre en place des mécanismes d’évaluation transparents et prévisibles. Et aux organisations professionnelles de porter un discours de vérité sur les réformes nécessaires pour bâtir une logistique plus compétitive, plus inclusive et davantage créatrice de richesse pour le pays.
L’audit des exonérations fiscales pourrait finalement marquer un tournant. Celui où la question ne sera plus : « Qui bénéficie des exonérations ? », mais plutôt : « Qu’apportent réellement ces exonérations au développement du Gabon ? »
Pour la logistique et les transports, la réponse à cette question déterminera en grande partie la crédibilité de notre secteur dans le Gabon de demain.










